13 septembre 1877

« 13 septembre 1877 » [source : BnF, Mss, NAF 16398, f. 249], transcr. Guy Rosa, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.985, page consultée le 26 janvier 2026.

Je suis fâchée pour toi, mon pauvre bien-aimé, que ton cher Paul Meurice prolonge son séjour à Veules dans le moment où tu aurais le plus besoin de son assistance si éclairée et si affectueuse. Je regrette, bien égoïste pour toi je l’avoue, son absence qui te laisse tout le fardeau des occupations multiples de la politique et de la publication de ton livre. D’autre part, la joie de tes petits-enfants va te manquer pendant quelques jours car il paraît certain que le ménage Lockroy part en voyage demain1 ; aujourd’hui ils déjeunent tous chez Lockroy père et ce soir ils ne pourront pas, en l’absence de Meurice et à cause du chiffre 13 que fait cette absence, dîner à table avec nous. Quant au quatorzième, Lesclide, il n’y faut pas songer aujourd’hui vu la mort certaine du père d’Elzéar annoncée dans les journaux. Toutes ces complications de chiffres, d’absence et de mort ne sont pas heureuses. C’est pourquoi je ne suis rien moins que gaie en ce moment et pourtant Dieu sait si je t’aime de toutes les forces de mon cœur et de mon âme.


Notes

1 Une note de Hugo, datée du lendemain, confirme ce départ : « Mes petits et leur mère partent aujourd’hui pour Saint-Etienne (ce soir à huit heures). Ils vont passer le reste de la saison chez MmeDorian. » Le 15, Hugo écrit à Alice une lettre très aimable mais où le regret des absents prend ce tour quelque peu étrange : « Je fais un rêve : j’espère que nous serons bientôt tous proscrits, que Georges sera condamné aux galères, et que Jeanne sera condamnée à mort, et qu’alors, avec tous nos amis, condamnés eux aussi à de bons bagnes, nous pourrons vivre ensemble, à Hauteville-House, près de la mer qui vaut les montagnes, et seul refuge possible dans l’univers.
Sur ce, je vous embrasse. » (éd. citée, p. 538)

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

la France connaît une grave crise constitutionnelle, et la belle-fille de Hugo, mère de ses petits-enfants, se remarie.

  • 26 févrierNouvelle Série de la Légende des Siècles.
  • 3 avrilAlice, veuve de Charles Hugo, épouse le journaliste Édouard Lockroy.
  • 14 maiL’Art d’être grand-père.
  • 27 juinVisite à Saint-Mandé, sur la tombe de Claire pour elle, à sa fille en  maison de santé pour lui.
  • 1er octobreHistoire d’un crime (tome I).